
Le cours de l’argent (XAG/USD) a prolongé ses pertes pour la troisième journée consécutive, évoluant autour d’un nouveau plus bas de onze mois à 50,69 $ l’once troy durant la séance européenne de vendredi. Les cours de l’argent ont subi des pressions baissières, la persistance de l’inflation et la résilience de la croissance économique aux États-Unis ayant renforcé les anticipations du marché quant à une éventuelle hausse des taux d’intérêt de la Réserve fédérale plus tard cette année.

Les pressions inflationnistes ont été mises en évidence par l’indice américain des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE), qui a augmenté de 0,5 % sur un mois en septembre, sa plus forte progression depuis mars. L’inflation annuelle a ainsi atteint 3,6 %, tandis que l’inflation PCE sous-jacente s’est élevée à 3,1 % sur un an.
Dans le même temps, l’économie dans son ensemble a continué de faire preuve de vigueur, le PIB américain ayant progressé de 3,4 % en rythme annualisé au troisième trimestre. Cette performance a dépassé les prévisions du marché de 3,2 %, principalement grâce à la bonne tenue des dépenses de consommation et à la solidité des investissements dans les secteurs liés à l’IA.
Face à cette conjoncture économique, la Réserve fédérale a choisi mercredi de maintenir ses taux d’intérêt inchangés à l’approche des élections américaines de mi-mandat. Les investisseurs continuent néanmoins d’intégrer une forte probabilité de resserrement monétaire à venir.
Selon l’outil FedWatch du CME, les traders attribuent actuellement une probabilité d’environ 75 % à une hausse des taux de 25 points de base en décembre, en baisse modérée par rapport aux 84,2 % enregistrés la veille.
Selon TD Securities, la situation à l’issue de la réunion du FOMC continue de mettre en évidence une divergence au sein des métaux précieux. La banque note que « si l’or reste relativement résilient après la réunion du FOMC, les métaux précieux à usage industriel s’orientent à la baisse, l’argent et les métaux du groupe du platine affichant une nette sous-performance, les vents contraires macroéconomiques et la perspective d’un resserrement monétaire pesant sur les perspectives de demande ». Cette sous-performance souligne les pressions croissantes exercées sur les métaux davantage exposés à l’industrie par rapport à l’or, alors que les investisseurs réévaluent les perspectives de demande dans un contexte de politique monétaire potentiellement plus restrictive.
L’argent est un métal précieux très négocié par les investisseurs. Il a historiquement servi de réserve de valeur et de moyen d’échange. Bien que moins populaire que l’or, il peut attirer les traders souhaitant diversifier leur portefeuille d’investissement, profiter de sa valeur intrinsèque ou bénéficier d’une couverture potentielle en période de forte inflation. Les investisseurs peuvent acheter de l’argent physique, sous forme de pièces ou de lingots, ou le négocier au moyen de produits tels que les fonds négociés en Bourse (ETF), qui suivent son cours sur les marchés internationaux.
Les cours de l’argent peuvent évoluer sous l’effet de nombreux facteurs. L’instabilité géopolitique ou les craintes d’une profonde récession peuvent faire grimper son cours en raison de son statut de valeur refuge, quoique dans une moindre mesure que celui de l’or. L’argent étant un actif sans rendement, son cours tend à augmenter lorsque les taux d’intérêt baissent. Ses variations dépendent également de l’évolution du dollar américain (USD), puisque le métal est coté en dollars (XAG/USD). Un dollar fort tend à freiner la hausse des cours de l’argent, tandis qu’un dollar plus faible est susceptible de les faire progresser. D’autres facteurs, tels que la demande d’investissement, l’offre minière – l’argent étant beaucoup plus abondant que l’or – et les taux de recyclage, peuvent également influer sur les cours.
L’argent est largement utilisé dans l’industrie, notamment dans des secteurs comme l’électronique ou l’énergie solaire, car sa conductivité électrique figure parmi les plus élevées de tous les métaux, supérieure à celle du cuivre et de l’or. Une forte hausse de la demande peut faire monter les cours, tandis qu’un recul tend à les faire baisser. La dynamique des économies américaine, chinoise et indienne peut également contribuer aux fluctuations des cours : aux États-Unis et surtout en Chine, les vastes secteurs industriels utilisent l’argent dans divers procédés ; en Inde, la demande des consommateurs pour ce métal précieux destiné à la joaillerie joue aussi un rôle clé dans la formation des prix.
Les cours de l’argent ont tendance à suivre les variations de l’or. Lorsque les cours de l’or augmentent, l’argent suit généralement le mouvement, les deux métaux bénéficiant d’un statut similaire de valeur refuge. Le ratio or/argent, qui indique le nombre d’onces d’argent nécessaires pour égaler la valeur d’une once d’or, peut aider à déterminer la valorisation relative des deux métaux. Certains investisseurs peuvent considérer un ratio élevé comme un signe de sous-évaluation de l’argent ou de surévaluation de l’or. À l’inverse, un ratio faible pourrait indiquer que l’or est sous-évalué par rapport à l’argent.