Le dollar canadien faiblit avant la publication des chiffres de l’emploi aux États-Unis et au Canada

  • L’USD/CAD se renforce vers 1,4050 en début de séance européenne vendredi.
  • Les flux vers les valeurs refuges et la prudence des investisseurs soutiennent le dollar américain.
  • Les traders se préparent à la publication des rapports sur l’emploi aux États-Unis et au Canada plus tard vendredi.

La paire USD/CAD gagne du terrain autour de 1,4050 en début de séance européenne vendredi. Le dollar américain (USD) progresse légèrement face au dollar canadien (CAD), porté par la demande de valeurs refuges après la vague de ventes sur les actions américaines. Les marchés pourraient faire preuve de prudence plus tard vendredi, avant la publication des données sur l’emploi aux États-Unis et au Canada.

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Les démocrates remportent la majorité au Sénat et à la Chambre des représentants, en reprenant le contrôle aux républicains. Ils signent ainsi des victoires majeures dans plusieurs bastions républicains pour la première fois depuis des décennies, alors que des dizaines de millions d’électeurs infligent un sévère désaveu au président Donald Trump.

Les traders suivront de près le rapport sur l’emploi américain pour obtenir davantage d’indices sur les perspectives de taux d’intérêt aux États-Unis. Les économistes anticipent 65 000 créations d’emplois non agricoles (NFP) en octobre, contre 29 000 en septembre. Le taux de chômage devrait se maintenir à un niveau très bas de 4,2 %.

Si les rapports font ressortir des résultats supérieurs aux attentes, cela pourrait renforcer les arguments en faveur de hausses des taux américains et soutenir le billet vert. À l’inverse, tout signe d’affaiblissement du marché du travail américain pourrait peser sur l’USD à court terme.

« Les données récentes suggèrent une amélioration du marché du travail, et nous nous attendons à ce que ce rapport confirme cette tendance », ont déclaré les analystes de MUFG, en référence aux chiffres de l’emploi non agricole.

Du côté canadien, les marchés s’attendent à ce que l’économie récupère une partie des emplois perdus en octobre, le consensus tablant sur une modeste hausse de 13 600 emplois. Le taux de chômage au Canada devrait rester inchangé à 6,5 % en octobre.

Le dollar canadien progresse, mais Scotiabank souligne la fragilité des fondamentaux et les supports de l’USD/CAD

Les analystes de Scotiabank notent que, malgré le raffermissement du dollar canadien, « sa performance relative est un peu moins convaincante face aux autres devises, ce qui souligne son statut de devise liée au risque et aux matières premières à bêta plus faible ». Ils ajoutent que « la vigueur du CAD reste néanmoins notable et pourrait lui permettre d’inscrire de nouveaux sommets locaux, alors qu’il efface son repli de début septembre », tout en avertissant que ce mouvement n’est pas pleinement étayé par les facteurs sous-jacents.

Scotiabank souligne : « Nous restons toutefois quelque peu prudents, compte tenu du nouvel élargissement des écarts de rendement entre les États-Unis et le Canada, défavorable au CAD, et constatons que la récente vigueur du CAD n’a pas été confirmée par les fondamentaux. » Sur le plan technique, les analystes qualifient leur biais de « baissier/neutre », observant que « le dernier recul de l’USD/CAD semble peiner à se prolonger nettement sous le milieu de la zone des 1,39, tandis que le RSI s’est stabilisé dans le bas de la trentaine ». La banque précise : « Nous continuons de surveiller le support à court terme dans la zone de 1,3900/1,3920 et situons la résistance au-dessus de 1,4000. » Elle ajoute que « notre estimation de la juste valeur a augmenté au cours des dernières séances et s’établit actuellement à 1,4119 », soulignant un certain décalage entre le cours au comptant et son modèle de juste valeur.

Chart Analysis USD/CAD


Analyse technique : l’USD/CAD conserve un biais neutre à court terme

Sur le graphique journalier, l’USD/CAD évolue juste au-dessus de la moyenne mobile simple (SMA) à 100 jours, mais reste sous la bande médiane de Bollinger à 20 jours. Le biais à court terme demeure donc globalement neutre, avec une évolution dans une fourchette. La dynamique des cours suggère que la paire se stabilise après son récent repli depuis la bande supérieure de Bollinger. L’indice de force relative (RSI), proche de 49, confirme l’absence de conviction directionnelle et laisse penser que ni les acheteurs ni les vendeurs ne disposent actuellement d’un avantage décisif.

À la hausse, une première résistance se situe au niveau de la bande médiane de Bollinger, autour de 1,4065. Une clôture journalière au-dessus de ce seuil ouvrirait la voie à un nouveau test de la bande supérieure, près de 1,4255. À la baisse, le support immédiat est assuré par la SMA à 100 jours à 1,4045. Une cassure sous ce niveau exposerait la zone de la bande inférieure de Bollinger, autour de 1,3881, où les acheteurs pourraient tenter de défendre le plancher de la fourchette plus large.

(L’analyse technique de cet article a été rédigée à l’aide d’un outil d’intelligence artificielle. En savoir plus.)

Questions fréquentes sur le dollar canadien

Les principaux facteurs qui influencent le dollar canadien (CAD) sont le niveau des taux d’intérêt fixés par la Banque du Canada (BdC), le prix du pétrole, premier produit d’exportation du pays, la santé de l’économie canadienne, l’inflation et la balance commerciale, qui correspond à la différence entre la valeur des exportations et celle des importations du Canada. Le sentiment de marché joue également un rôle : les investisseurs peuvent privilégier les actifs plus risqués (appétit pour le risque) ou rechercher des valeurs refuges (aversion au risque), l’appétit pour le risque étant favorable au CAD. Les États-Unis étant le premier partenaire commercial du Canada, la santé de l’économie américaine constitue aussi un facteur déterminant pour le dollar canadien.

La Banque du Canada (BdC) exerce une influence importante sur le dollar canadien en fixant le niveau des taux auxquels les banques peuvent se prêter entre elles. Ce niveau influe sur les taux d’intérêt appliqués à l’ensemble des agents économiques. L’objectif principal de la BdC est de maintenir l’inflation entre 1 et 3 % en ajustant les taux d’intérêt à la hausse ou à la baisse. Des taux d’intérêt relativement plus élevés tendent à soutenir le CAD. La Banque du Canada peut également recourir à l’assouplissement ou au resserrement quantitatif pour influer sur les conditions de crédit, le premier étant défavorable au CAD et le second favorable.

Le prix du pétrole est un facteur déterminant pour la valeur du dollar canadien. Le pétrole étant le premier produit d’exportation du Canada, son prix tend à avoir un effet immédiat sur la valeur du CAD. En général, lorsque le prix du pétrole augmente, le CAD s’apprécie également, car la demande globale pour cette devise s’accroît. L’inverse se produit lorsque le prix du pétrole baisse. Des prix du pétrole plus élevés tendent aussi à accroître la probabilité d’un excédent commercial, ce qui soutient également le CAD.

Si l’inflation a traditionnellement été considérée comme un facteur défavorable à une devise, puisqu’elle réduit la valeur de la monnaie, l’inverse s’observe en réalité à l’époque moderne avec l’assouplissement des contrôles sur les mouvements transfrontaliers de capitaux. Une inflation plus élevée tend à pousser les banques centrales à relever leurs taux d’intérêt, ce qui attire davantage de capitaux d’investisseurs internationaux à la recherche de placements rémunérateurs. Cela accroît la demande pour la monnaie locale, en l’occurrence le dollar canadien.

Les publications de données macroéconomiques permettent d’évaluer la santé de l’économie et peuvent avoir un effet sur le dollar canadien. Des indicateurs tels que le PIB, les indices PMI manufacturier et des services, l’emploi et les enquêtes sur la confiance des consommateurs peuvent tous influer sur l’évolution du CAD. Une économie solide est favorable au dollar canadien. Elle attire non seulement davantage d’investissements étrangers, mais peut aussi inciter la Banque du Canada à relever ses taux d’intérêt, ce qui renforce la devise. En revanche, si les données économiques sont faibles, le CAD risque de reculer.