
La paire USD/CAD subit de nouvelles pressions vendeuses mercredi, effaçant les modestes gains enregistrés au cours des deux derniers jours depuis le début de la semaine, dans un contexte de faiblesse généralisée du dollar américain (USD). Les cours au comptant glissent vers 1,3955 en début de séance européenne et se rapprochent du plus bas d’un mois et demi atteint vendredi dernier, sur fond de facteurs fondamentaux baissiers.

L’indice du dollar américain (DXY), qui mesure l’évolution du billet vert face à un panier de devises, a chuté à son plus bas niveau depuis plus d’un mois en réaction aux résultats des élections américaines de mi-mandat, qui ont donné aux démocrates la majorité à la Chambre des représentants comme au Sénat. Cette issue a accru l’incertitude politique, sur fond de craintes d’un éventuel blocage budgétaire susceptible de limiter les dépenses publiques et de freiner la croissance économique. Les investisseurs se sont rués sur les obligations d’État, considérées comme des valeurs refuges, déclenchant une nouvelle baisse des rendements obligataires américains et pesant sur le billet vert.
Par ailleurs, les espoirs d’une issue diplomatique avec l’Iran exercent une pression supplémentaire sur le billet vert. Le président Donald Trump a en effet déclaré mardi au Financial Times que les États-Unis ne prévoyaient pas de frapper l’Iran dans l’immédiat. Dans le même temps, un haut responsable iranien a indiqué à Reuters que le détroit d’Ormuz ne rouvrirait que si les sanctions étaient levées et le blocus naval américain prenait fin. En outre, le Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran (CGRI) a annoncé que quatre pétroliers avaient été détruits après avoir heurté des mines au sud du détroit d’Ormuz.
Cette situation maintient la prime de risque géopolitique et soutient les cours du pétrole brut, ce qui favorise le dollar canadien, lié aux matières premières. Par ailleurs, la hausse des taux décidée la semaine dernière par la Banque du Canada (BdC), la première depuis juillet 2023, témoigne de son orientation restrictive et apporte un soutien supplémentaire au dollar canadien (CAD), renforçant le scénario d’une poursuite du repli de la paire USD/CAD. Toutefois, les anticipations d’une nouvelle hausse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) en décembre pourraient dissuader les traders de se positionner en vue de pertes plus marquées du dollar américain.
Les investisseurs se tourneront ensuite vers le calendrier économique américain de mercredi, qui comprend la publication du rapport ADP sur l’emploi dans le secteur privé et de l’indice PMI des services de l’ISM, pour trouver une impulsion plus tard dans la séance nord-américaine. L’attention se concentrera toutefois sur les rapports mensuels sur l’emploi aux États-Unis et au Canada, très attendus vendredi, qui influenceront la trajectoire à court terme de la paire USD/CAD. Dans l’intervalle, le contexte fondamental laisse penser que toute tentative de rebond devrait plutôt donner lieu à des ventes.
La paire USD/CAD reste au-dessus du support clé constitué par la moyenne mobile simple (SMA) à 200 jours à 1,3893 et du retracement de Fibonacci de 61,8 % à 1,3947, conservant un biais légèrement haussier à court terme. Cela dit, une cassure nette sous ce dernier seuil ouvrirait la voie à des supports inférieurs, au niveau de retracement de 78,6 % vers 1,3852, puis au creux structurel proche de 1,3731. Une poursuite des ventes compromettrait fortement toute perspective haussière.
À la hausse, une première résistance se situe au niveau du retracement de 50,0 %, près de 1,4013, suivie d’un obstacle plus solide au niveau de 38,2 %, vers 1,4080, puis du retracement de 23,6 % à 1,4163, avant le sommet du cycle proche de 1,4296.
(L’analyse technique de cet article a été rédigée à l’aide d’un outil d’IA. En savoir plus.)
Les principaux facteurs qui influencent le dollar canadien (CAD) sont le niveau des taux d’intérêt fixé par la Banque du Canada (BdC), le prix du pétrole, principal produit d’exportation du pays, la santé de l’économie canadienne, l’inflation et la balance commerciale, qui correspond à la différence entre la valeur des exportations et celle des importations du Canada. Le sentiment de marché joue également un rôle : les investisseurs peuvent privilégier les actifs plus risqués, dans un climat d’appétit pour le risque, ou rechercher des valeurs refuges, dans un contexte d’aversion au risque. L’appétit pour le risque est favorable au CAD. Les États-Unis étant le premier partenaire commercial du Canada, la santé de l’économie américaine constitue aussi un facteur déterminant pour le dollar canadien.
La Banque du Canada (BdC) exerce une influence importante sur le dollar canadien en fixant le niveau des taux d’intérêt auxquels les banques peuvent se prêter entre elles. Cela influe sur les taux d’intérêt appliqués à l’ensemble des acteurs économiques. L’objectif principal de la BdC est de maintenir l’inflation entre 1 et 3 % en ajustant les taux d’intérêt à la hausse ou à la baisse. Des taux d’intérêt relativement élevés tendent à soutenir le CAD. La Banque du Canada peut également recourir à l’assouplissement quantitatif ou au resserrement quantitatif pour influer sur les conditions de crédit, le premier étant défavorable au CAD et le second favorable.
Le prix du pétrole est un facteur déterminant pour la valeur du dollar canadien. Le pétrole étant le principal produit d’exportation du Canada, son prix tend à avoir un effet immédiat sur la valeur du CAD. En général, lorsque le prix du pétrole augmente, le CAD s’apprécie également, car la demande globale pour la devise progresse. L’inverse se produit lorsque le prix du pétrole baisse. Des cours pétroliers plus élevés tendent aussi à accroître la probabilité d’un excédent commercial, ce qui soutient également le CAD.
Si l’inflation a traditionnellement été considérée comme un facteur défavorable à une devise, puisqu’elle en réduit le pouvoir d’achat, c’est en réalité l’inverse qui s’observe à l’époque moderne avec l’assouplissement des contrôles sur les mouvements transfrontaliers de capitaux. Une inflation plus élevée tend à inciter les banques centrales à relever leurs taux d’intérêt, ce qui attire davantage de capitaux d’investisseurs internationaux à la recherche de placements rémunérateurs. Cela accroît la demande pour la monnaie locale, en l’occurrence le dollar canadien.
Les publications de données macroéconomiques permettent d’évaluer la santé de l’économie et peuvent avoir un effet sur le dollar canadien. Des indicateurs tels que le PIB, les indices PMI manufacturier et des services, l’emploi et les enquêtes sur la confiance des consommateurs peuvent tous influer sur l’évolution du CAD. Une économie solide est favorable au dollar canadien. Non seulement elle attire davantage d’investissements étrangers, mais elle peut aussi inciter la Banque du Canada à relever ses taux d’intérêt, entraînant une appréciation de la devise. À l’inverse, si les données économiques sont faibles, le CAD risque de reculer.