
La paire USD/JPY progresse en ce début de semaine, poursuivant son rebond depuis le creux atteint vendredi sous 157,00 à la suite de la décision de la Banque du Japon (BoJ). Cette dynamique porte les cours au comptant vers 157,85 durant la séance asiatique et ne semble pas affectée par le nouvel avertissement de la ministre japonaise des Finances, Satsuki Katayama, concernant une intervention.

Katayama a déclaré que la déclaration conjointe sur les changes avec les États-Unis restait en vigueur, ajoutant que le gouvernement était prêt à agir pour freiner tout affaiblissement excessif ou désordonné du yen japonais (JPY). Ces propos ne parviennent toutefois pas à soutenir le JPY, dans un contexte d’incertitude quant au calendrier probable de la prochaine hausse des taux de la BoJ. En outre, l’important écart de taux d’intérêt entre le Japon et les autres grandes économies pénalise le JPY, moins rémunérateur, et apporte un certain soutien à la paire USD/JPY.
Parallèlement, les espoirs d’avancées diplomatiques au Moyen-Orient pèsent sur le dollar américain (USD), valeur refuge. Selon certaines informations, les négociateurs iraniens ont ainsi mené dimanche une troisième journée de discussions avec des médiateurs qataris afin de faire avancer un accord visant à mettre fin à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. De plus, l’Iran a proposé un plan de réouverture du détroit d’Ormuz en 48 heures, à condition que les États-Unis satisfassent à ses exigences. De son côté, le président américain Donald Trump a déclaré que les négociations se déroulaient bien et que l’Iran souhaitait un accord.
Trump a toutefois ajouté qu’il n’excluait pas de nouvelles actions militaires après les élections de mi-mandat du 3 novembre. En outre, le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a ordonné à ses principaux commandants militaires de se préparer à une reprise de la confrontation avec les États-Unis et Israël. Par ailleurs, de nouvelles attaques ukrainiennes contre des raffineries russes maintiennent la prime de risque géopolitique, ce qui, conjugué aux anticipations de hausse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed), favorise les acheteurs d’USD.
Les données macroéconomiques américaines publiées jeudi dernier ont fait état d’une économie résiliente et de pressions persistantes sur les prix. De plus, les craintes inflationnistes liées aux prix élevés du pétrole brut confortent les perspectives d’un nouveau resserrement monétaire de la Fed. Selon l’outil FedWatch de CME Group, les opérateurs intègrent dans les cours une probabilité d’environ 75 % que la banque centrale américaine relève ses taux d’intérêt en décembre. Cela suggère que la trajectoire la plus probable pour l’USD et la paire USD/JPY reste orientée à la hausse.
La paire USD/JPY teste le retracement de Fibonacci de 23,6 % à 157,80, avec un biais légèrement haussier à court terme. De plus, les cours au comptant se maintiennent au-dessus de la moyenne mobile simple (SMA) à 100 périodes, située à 157,75, ce qui suggère une demande sous-jacente lors des replis, alors que la paire se rapproche de la borne supérieure de sa récente structure de retracement.
La prochaine résistance notable se situe au point d’ancrage correspondant au sommet du cycle, vers 158,34. Un franchissement net de ce niveau ouvrirait la voie à une poursuite du mouvement haussier de fond. À la baisse, le support immédiat se situe au retracement de Fibonacci de 23,6 %, à 157,80, suivi de supports plus bas au niveau de 38,2 %, près de 157,47, puis au retracement de 50,0 %, à 157,21.
(L’analyse technique de cet article a été rédigée à l’aide d’un outil d’intelligence artificielle. En savoir plus.)
Le yen japonais (JPY) est l’une des devises les plus échangées au monde. Sa valeur est globalement déterminée par les performances de l’économie japonaise, mais plus précisément, entre autres facteurs, par la politique de la Banque du Japon, l’écart entre les rendements obligataires japonais et américains ou encore l’appétit pour le risque des opérateurs.
L’une des missions de la Banque du Japon étant le contrôle de la monnaie, ses décisions jouent un rôle déterminant pour le yen. La BoJ est parfois intervenue directement sur le marché des changes, généralement pour faire baisser la valeur du yen, mais elle évite de le faire trop souvent en raison des préoccupations politiques de ses principaux partenaires commerciaux. La politique monétaire ultra-accommodante de la BoJ entre 2013 et 2024 a entraîné une dépréciation du yen face aux principales autres devises, en raison d’une divergence croissante entre les politiques de la Banque du Japon et celles des autres grandes banques centrales. Plus récemment, l’abandon progressif de cette politique ultra-accommodante a apporté un certain soutien au yen.
Au cours de la dernière décennie, le maintien par la BoJ d’une politique monétaire ultra-accommodante a accentué la divergence avec les politiques des autres banques centrales, en particulier celle de la Réserve fédérale américaine. Cela a contribué à creuser l’écart entre les rendements des obligations américaines et japonaises à dix ans, favorisant le dollar américain face au yen japonais. La décision prise par la BoJ en 2024 d’abandonner progressivement sa politique ultra-accommodante, conjuguée aux baisses de taux d’intérêt des autres grandes banques centrales, réduit cet écart.
Le yen japonais est souvent considéré comme une valeur refuge. Cela signifie qu’en période de tensions sur les marchés, les investisseurs sont davantage enclins à placer leur argent dans la devise japonaise en raison de sa fiabilité et de sa stabilité supposées. Les périodes de turbulences sont donc susceptibles de renforcer la valeur du yen face aux autres devises jugées plus risquées.