
L’USD/JPY poursuit sa progression pour la quatrième journée consécutive et s’échange autour de 158,00 durant la séance asiatique de mercredi. La paire s’apprécie alors que le yen japonais (JPY) est pénalisé par la hausse des prix du pétrole brut, qui exerce de nouvelles pressions sur les coûts dans les grandes économies importatrices d’énergie.

Les prix du pétrole ont augmenté alors que les marchés financiers mondiaux suivaient les résultats des élections en Israël, susceptibles d’infléchir le cours du conflit au Moyen-Orient. Les sondages à la sortie des urnes laissent entrevoir un scrutin très serré, plaçant le Premier ministre Benjamin Netanyahou à égalité avec le chef de l’opposition Gadi Eisenkot. Aucun des deux blocs ne dispose d’une majorité claire alors que le dépouillement se poursuit. Malgré cette impasse, les résultats préliminaires témoignent d’un recul du soutien à Netanyahou, figure dominante de la politique israélienne qui dirige le pays depuis près de trois ans de conflit.
La Banque du Japon (BoJ) devrait, de l’avis général, maintenir ses taux d’intérêt inchangés lors de sa prochaine réunion de politique monétaire, vendredi. Cette pause intervient après des hausses de taux cumulées de 50 points de base plus tôt dans l’année, les responsables monétaires souhaitant évaluer les effets du resserrement déjà engagé. Les intervenants de marché continuent toutefois d’anticiper une nouvelle hausse des taux avant la fin de l’année, les anticipations intégrées dans les cours privilégiant nettement un relèvement en décembre.
De même, la Réserve fédérale (Fed) devrait maintenir son taux directeur inchangé dans la fourchette cible de 3,75 % à 4,0 % lors de sa décision de mercredi. Selon l’outil CME FedWatch, les marchés attribuent une probabilité de 92,8 % à un statu quo sur les taux lors de la réunion d’octobre. Les investisseurs analyseront attentivement les propos du président de la Fed, Kevin Warsh, afin d’y déceler des indications sur la trajectoire future de la politique monétaire, d’autant que les marchés évaluent à 84,4 % la probabilité d’une hausse des taux en décembre.
Sur le graphique journalier, l’USD/JPY s’échange à 158,00 et conserve un biais haussier favorable, le cours au comptant restant au-dessus des moyennes mobiles exponentielles (MME) de court et de moyen terme. La MME à 50 périodes, située à 157,96, et celle à neuf périodes, à 157,76, se trouvent juste sous le cours, ce qui suggère un intérêt sous-jacent pour les achats sur repli. De son côté, l’indice de force relative (RSI) à 14 jours, proche de 52, indique une dynamique neutre à positive, plutôt qu’une situation de surachat.
À la baisse, le support immédiat se situe au niveau de la MME à 50 périodes, vers 157,96, tandis que la MME à neuf périodes, à 157,76, renforce une zone de demande proche en cas de repli. Une baisse plus marquée trouverait un soutien structurel plus éloigné au niveau du socle plus large de l’indice FXS Fed Sentiment, autour de 127,51. Ce niveau reste toutefois très éloigné des cours au comptant actuels et sert principalement de repère macroéconomique à plus long terme.
(L’analyse technique de cet article a été rédigée à l’aide d’un outil d’IA. En savoir plus.)
Le yen japonais (JPY) est l’une des devises les plus échangées au monde. Sa valeur dépend globalement de la performance de l’économie japonaise, mais plus particulièrement de la politique de la Banque du Japon, de l’écart entre les rendements obligataires japonais et américains, ou encore de l’appétit pour le risque des traders, entre autres facteurs.
L’un des mandats de la Banque du Japon consiste à contrôler la monnaie, ce qui rend ses décisions déterminantes pour le yen. La BoJ est parfois intervenue directement sur le marché des changes, généralement pour faire baisser la valeur du yen, mais elle évite de le faire trop souvent en raison des préoccupations politiques de ses principaux partenaires commerciaux. Entre 2013 et 2024, la politique monétaire ultra-accommodante de la BoJ a entraîné une dépréciation du yen face aux autres grandes devises, du fait d’une divergence croissante entre la politique de la Banque du Japon et celle des autres grandes banques centrales. Plus récemment, l’abandon progressif de cette politique ultra-accommodante a apporté un certain soutien au yen.
Au cours de la dernière décennie, le maintien d’une politique monétaire ultra-accommodante par la BoJ a accentué la divergence avec les autres banques centrales, notamment la Réserve fédérale américaine. Cette situation a contribué à creuser l’écart entre les rendements des obligations américaines et japonaises à 10 ans, favorisant le dollar américain face au yen japonais. La décision prise par la BoJ en 2024 d’abandonner progressivement cette politique ultra-accommodante, conjuguée aux baisses de taux d’intérêt d’autres grandes banques centrales, contribue à réduire cet écart.
Le yen japonais est souvent considéré comme une valeur refuge. Cela signifie qu’en période de tensions sur les marchés, les investisseurs sont davantage enclins à placer leur argent dans la devise japonaise en raison de sa fiabilité et de sa stabilité présumées. Les périodes de turbulences sont donc susceptibles de renforcer la valeur du yen face aux devises considérées comme des placements plus risqués.