
Voici ce qu’il faut savoir ce lundi 2 novembre :
Le dollar américain (USD) peine à résister face aux principales devises dans un contexte de regain d’appétit pour le risque en ce début de semaine. Dans la seconde moitié de la journée, le calendrier économique américain sera marqué par la publication de l’indice des directeurs d’achat (PMI) du secteur manufacturier de l’Institute for Supply Management (ISM) pour octobre. Les intervenants de marché suivront également de près les commentaires des banquiers centraux. Surtout, les élections de mi-mandat aux États-Unis se tiendront mardi.

Le tableau ci-dessous présente la variation en pourcentage du dollar américain (USD) face aux principales devises répertoriées aujourd’hui. Le dollar américain a enregistré sa plus mauvaise performance face à l’euro.
| USD | EUR | GBP | JPY | CAD | AUD | NZD | CHF | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| USD | -0,27 % | -0,11 % | 0,17 % | 0,07 % | 0,20 % | 0,27 % | -0,27 % | |
| EUR | 0,27 % | 0,18 % | 0,41 % | 0,33 % | 0,47 % | 0,53 % | 0,03 % | |
| GBP | 0,11 % | -0,18 % | 0,25 % | 0,16 % | 0,30 % | 0,36 % | -0,14 % | |
| JPY | -0,17 % | -0,41 % | -0,25 % | -0,07 % | 0,06 % | 0,11 % | -0,41 % | |
| CAD | -0,07 % | -0,33 % | -0,16 % | 0,07 % | 0,15 % | 0,19 % | -0,31 % | |
| AUD | -0,20 % | -0,47 % | -0,30 % | -0,06 % | -0,15 % | 0,06 % | -0,45 % | |
| NZD | -0,27 % | -0,53 % | -0,36 % | -0,11 % | -0,19 % | -0,06 % | -0,50 % | |
| CHF | 0,27 % | -0,03 % | 0,14 % | 0,41 % | 0,31 % | 0,45 % | 0,50 % |
La carte thermique présente les variations en pourcentage des principales devises les unes par rapport aux autres. La devise de base est sélectionnée dans la colonne de gauche, tandis que la devise de cotation est sélectionnée dans la ligne du haut. Par exemple, si vous choisissez le dollar américain dans la colonne de gauche et suivez la ligne horizontale jusqu’au yen japonais, la variation en pourcentage affichée dans la case correspondra à la paire USD (devise de base)/JPY (devise de cotation).
L’indice du dollar américain a terminé la semaine précédente en légère hausse, soutenu par les flux vers les valeurs refuges qui ont dominé les marchés après une chute brutale des valeurs technologiques. En début de journée lundi, l’indice du dollar reste en territoire négatif, sous 102,00, tandis que les contrats à terme sur les indices boursiers américains progressent de 0,4 % à 0,9 % sur la journée. Parallèlement, le rendement de référence des obligations du Trésor américain à 10 ans reste nettement inférieur à 5 %.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré ce week-end que le président Donald Trump souhaitait mettre fin à la guerre en Iran « par la voie diplomatique », sans recourir à la force militaire. De son côté, le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a ordonné à ses principaux commandants militaires de se préparer à une reprise de la confrontation avec les États-Unis et Israël et d’élargir les options de représailles de Téhéran, alors même que son ministre des Affaires étrangères faisait état de progrès dans les discussions diplomatiques. Les cours du pétrole brut se replient lundi, le baril de West Texas Intermediate (WTI) perdant environ 2 % sur la journée.
Les analystes d’ING estiment que le « principal risque pour le dollar aujourd’hui est un dénouement préventif d’une partie des positions nettes acheteuses à l’approche des élections américaines de mi-mandat de mardi », le positionnement étant susceptible de dicter les mouvements à court terme plutôt que les fondamentaux. Ils soulignent que « les marchés prédictifs évaluent à environ 68 % la probabilité d’une victoire démocrate dans les deux chambres », un scénario qui, selon eux, « pourrait être perçu comme légèrement négatif pour le dollar américain à plusieurs égards, qu’il s’agisse d’un risque accru de paralysie de l’administration fédérale et de blocage des négociations sur le plafond de la dette ou d’une dégradation potentielle du sentiment déjà fragile à l’égard de l’IA ». Dans ce contexte, les analystes d’ING concluent qu’ils « feraient preuve de prudence avant de miser sur la poursuite de la hausse du dollar dans les prochains jours ».
Suivez notre couverture des élections américaines de mi-mandat.
Malgré le regain d’aversion au risque sur les marchés dans la seconde moitié de la semaine précédente, l’or (XAU/USD) a subi une forte pression vendeuse, peut-être en raison d’une réduction de l’effet de levier après la chute des actions, et a perdu plus de 3,5 % vendredi pour toucher son plus bas niveau depuis un an, près de 3 870 $. En début de journée lundi, XAU/USD effectue une correction haussière et s’échange au-dessus de 3 900 $.
EUR/USD profite du léger affaiblissement du dollar en début de journée lundi et remonte vers 1,1200 au début de la séance européenne. Les données allemandes ont montré que les ventes au détail avaient reculé de 2 % sur un mois en septembre, après la hausse de 1,2 % enregistrée en août. Ce résultat est inférieur aux attentes du marché, qui tablait sur une progression de 0,4 %.
GBP/USD résiste et s’inscrit en légère hausse sur la journée, juste au-dessus de 1,3400, après trois séances consécutives de progression. Jeudi, la Banque d’Angleterre annoncera ses décisions de politique monétaire.
USD/JPY progresse légèrement lundi matin en Europe, mais continue de s’échanger sous 158,00. La ministre japonaise des Finances, Satsuki Katayama, a déclaré lundi que la déclaration conjointe sur les changes avec les États-Unis restait en vigueur et que le gouvernement agirait face aux mouvements désordonnés.
Le dollar américain (USD) est la monnaie officielle des États-Unis d’Amérique et la monnaie « de fait » d’un nombre important d’autres pays, où il circule aux côtés des billets locaux. Il s’agit de la devise la plus échangée au monde : selon les données de 2022, elle représente plus de 88 % du volume mondial des transactions sur le marché des changes, soit une moyenne de 6 600 milliards de dollars de transactions par jour. Après la Seconde Guerre mondiale, le dollar américain a remplacé la livre sterling comme monnaie de réserve mondiale. Pendant la majeure partie de son histoire, le dollar américain était adossé à l’or, jusqu’à l’accord de Bretton Woods en 1971, qui a marqué la fin de l’étalon-or.
Le principal facteur qui influence la valeur du dollar américain est la politique monétaire, définie par la Réserve fédérale (Fed). La Fed a un double mandat : assurer la stabilité des prix, c’est-à-dire maîtriser l’inflation, et favoriser le plein emploi. Son principal outil pour atteindre ces deux objectifs consiste à ajuster les taux d’intérêt. Lorsque les prix augmentent trop rapidement et que l’inflation dépasse l’objectif de 2 % de la Fed, celle-ci relève ses taux, ce qui soutient la valeur du dollar. Lorsque l’inflation passe sous 2 % ou que le taux de chômage est trop élevé, la Fed peut abaisser les taux d’intérêt, ce qui pèse sur le billet vert.
Dans des situations extrêmes, la Réserve fédérale peut également créer davantage de dollars et mettre en œuvre un assouplissement quantitatif (QE). Le QE est un processus par lequel la Fed augmente sensiblement les flux de crédit dans un système financier grippé. Il s’agit d’une mesure de politique monétaire non conventionnelle utilisée lorsque le crédit s’est tari parce que les banques refusent de se prêter entre elles, par crainte d’un défaut de leur contrepartie. C’est une solution de dernier recours lorsqu’une simple baisse des taux d’intérêt a peu de chances de produire le résultat nécessaire. C’était l’instrument privilégié de la Fed pour lutter contre la contraction du crédit survenue lors de la grande crise financière de 2008. Il consiste pour la Fed à créer davantage de dollars et à les utiliser pour acheter des obligations d’État américaines, principalement auprès d’institutions financières. Le QE entraîne généralement un affaiblissement du dollar américain.
Le resserrement quantitatif (QT) est le processus inverse : la Réserve fédérale cesse d’acheter des obligations auprès des institutions financières et ne réinvestit pas dans de nouveaux achats le capital remboursé à l’échéance des obligations qu’elle détient. Il est généralement favorable au dollar américain.